1 – CII et sous-traitance : ce que le texte dit vraiment en 2026
Le CII a ses propres règles, distinctes du CIR. La confusion entre les deux coûte des redressements chaque année. Avant de parler d'offshore, il faut savoir exactement ce qui est éligible et à quelles conditions.
1.1 : Le périmètre du CII ne couvre pas ce que vous croyez
Le Crédit d'Impôt Innovation concerne exclusivement les PME au sens communautaire : moins de 250 salariés, CA inférieur à 50 M€ ou bilan sous 43 M€. Il couvre les dépenses liées à la conception de prototypes ou d'installations pilotes de produits nouveaux. Pas d'amélioration de l'existant. Pas de service. Un produit, avec une fonctionnalité qui n'existe pas sur le marché.
Le taux est de 20 % des dépenses éligibles (30 % en Corse et outre-mer), plafonné à 400 000 € de dépenses par an, soit un crédit maximum de 80 000 €.
Les dépenses éligibles incluent : dotations aux amortissements, dépenses de personnel affecté au projet, frais de fonctionnement (forfait de 75 % des dépenses de personnel), et la sous-traitance. C'est sur ce dernier point que tout se joue quand vous travaillez avec une équipe offshore. La sous-traitance est éligible, mais le texte pose des conditions précises sur la nature du sous-traitant et la localisation des travaux. Les ignorer revient à construire un dossier CII sur du sable.
1.2 : Sous-traitant agréé vs non agréé, la distinction qui change tout
Le Code Général des Impôts distingue deux catégories de sous-traitants pour le CII. Les organismes agréés (publics ou privés ayant reçu l'agrément du Ministère de la Recherche) et les sous-traitants non agréés.
Pour un sous-traitant agréé, les dépenses sont retenues pour le double de leur montant, dans la limite du plafond global. Pour un non agréé, elles sont retenues pour leur montant réel. Concrètement, si vous payez 100 000 € à un sous-traitant agréé, 200 000 € entrent dans l'assiette du CII. Avec un non agréé, seuls 100 000 € entrent.
Un prestataire offshore à Madagascar ou à Maurice n'a pas l'agrément du Ministère de la Recherche français. Point final. Cela ne signifie pas que les dépenses sont exclues. Cela signifie qu'elles entrent à leur valeur réelle, sans doublement. La nuance est considérable : vous perdez un multiplicateur, pas le bénéfice du crédit. Votre DAF doit intégrer cette donnée dans le calcul de rentabilité avant de structurer le projet. Le comparatif entre DAF à temps partagé et équipe comptable offshore détaille les arbitrages financiers à faire dans ce type de décision.
1.3 : La règle de territorialité que personne n'explique clairement
Voici le point qui bloque la plupart des montages. L'article 244 quater B du CGI, applicable au CII par renvoi, impose que les opérations de R&D ou d'innovation sous-traitées soient réalisées au sein de l'Espace Économique Européen. C'est la règle de base.
Pour les dépenses de sous-traitance confiées à des organismes situés hors EEE, l'éligibilité est restreinte. L'administration fiscale a durci sa position sur ce point depuis 2020.
Mais la réalité terrain est plus nuancée. Ce qui compte pour l'administration, c'est qui détient la propriété intellectuelle, qui pilote le projet, et où se trouvent les décisions de conception. Si votre PME française conserve la direction du projet d'innovation, valide les choix techniques, détient l'IP, et que le prestataire offshore exécute des tâches sous votre spécification, la part des dépenses internes (personnel, fonctionnement) reste éligible à 100 %. La part sous-traitée hors EEE, elle, demande une structuration rigoureuse du dossier. Maurice, en tant que juridiction hors EEE mais dotée de conventions fiscales avec la France, ajoute une couche de complexité que votre conseil fiscal doit analyser au cas par cas.
2 – Ce qui est déductible concrètement quand vous externalisez offshore
La théorie fiscale, c'est une chose. Ce qui passe réellement en contrôle, c'est autre chose. Voici comment des PME françaises structurent leurs dépenses d'innovation avec des équipes offshore pour maximiser leur CII sans risquer un redressement.
2.1 : Vos dépenses internes restent éligibles, même avec une équipe offshore
C'est le point le plus sous-estimé. Quand vous pilotez un projet d'innovation depuis la France et qu'une partie de l'exécution technique est réalisée par une équipe offshore, vos dépenses internes restent intégralement éligibles au CII.
Le chef de projet innovation basé en France, le temps passé par vos ingénieurs à spécifier, valider, tester : tout cela entre dans l'assiette. Les frais de fonctionnement associés (calculés forfaitairement à 75 % des dépenses de personnel) aussi.
Un dirigeant de PME qui externalise son développement front-end à Madagascar via TARAM conserve toute l'éligibilité CII sur la partie pilotage, conception et validation réalisée en interne. Structurer une équipe React.js offshore à Madagascar ne compromet pas votre CII si l'architecture de décision reste en France.
Le piège serait de tout sous-traiter sans conserver de substance technique en France. L'administration cherche la preuve que votre entreprise maîtrise le processus d'innovation. Si le prestataire offshore décide, conçoit et livre sans que vous interveniez techniquement, votre CII ne tient pas.
2.2 : La sous-traitance offshore dans l'assiette CII, mode d'emploi
Pour que des dépenses de sous-traitance offshore entrent dans l'assiette du CII, plusieurs conditions doivent être réunies simultanément.
Premièrement, les travaux sous-traités doivent porter sur des opérations de conception de prototypes ou d'installations pilotes de produits nouveaux. Pas du développement courant, pas de la maintenance, pas de l'intégration standard.
Deuxièmement, votre PME doit conserver la maîtrise d'ouvrage et la propriété des résultats. Le contrat avec votre prestataire offshore doit stipuler explicitement que l'IP des livrables vous appartient. Les clauses NDA et propriété intellectuelle dans un contrat offshore doivent couvrir ce point sans ambiguïté.
Troisièmement, vous devez pouvoir documenter précisément la nature innovante des travaux sous-traités : état de l'art, caractère nouveau du produit, description des verrous techniques levés.
Avec un partenaire comme TARAM, où le collaborateur est dédié à votre entreprise et intégré dans vos outils, la frontière entre "interne" et "sous-traité" peut devenir floue aux yeux de l'administration. C'est un avantage à condition de bien documenter la relation contractuelle.
2.3 : Le dossier justificatif qui résiste à un contrôle fiscal
L'administration fiscale contrôle les CII avec un taux supérieur à la moyenne des autres crédits d'impôt. Si vous intégrez de la sous-traitance offshore dans votre assiette, votre dossier doit être blindé.
Ce qu'il faut documenter : la description technique du projet (état de l'art, verrous, caractère nouveau), l'identification précise des travaux sous-traités et leur lien avec le prototype, les factures détaillées du prestataire offshore ventilées par nature de prestation, le contrat stipulant le transfert d'IP, et un suivi des temps passés par projet.
Une PME qui travaille avec une équipe dédiée à Madagascar via TARAM dispose d'un avantage : le collaborateur est affecté à un seul client, ce qui simplifie la ventilation des temps. Contrairement à une agence qui mutualise ses ressources sur dix projets, le modèle "1 collaborateur = 1 client" produit une traçabilité naturelle.
L'erreur fatale : déclarer au CII des dépenses offshore sans pouvoir prouver que les travaux portaient spécifiquement sur de l'innovation produit. Si votre développeur offshore a passé 60 % de son temps sur de la maintenance et 40 % sur le prototype, seuls 40 % sont éligibles. Sans time tracking, vous déclarez à l'aveugle. La gouvernance d'un projet de développement offshore doit intégrer ce suivi dès le démarrage.
3 – Structurer le montage TARAM pour optimiser votre CII
Le modèle TARAM n'est pas celui d'une agence classique. C'est une capacité intégrée. Cette différence change la donne fiscale. Voici comment en tirer parti sans franchir de ligne rouge.
3.1 : Collaborateur dédié vs prestation forfaitaire, l'impact fiscal
Quand vous faites appel à une agence classique, vous achetez un livrable. Le contrat est un forfait, la facture mentionne un prix global, et l'administration fiscale traite ça comme de la sous-traitance pure.
Le modèle TARAM fonctionne différemment. Vous intégrez un collaborateur dédié dans votre équipe. Il travaille dans vos outils, sur vos sprints, sous votre direction technique. La facture reflète un engagement de mise à disposition, pas un forfait de développement.
Cette distinction a des conséquences fiscales. Si le collaborateur TARAM est assimilé à une mise à disposition de personnel et non à de la sous-traitance d'innovation, les dépenses ne rentrent pas dans la case "sous-traitance CII". Elles pourraient potentiellement être requalifiées, mais c'est un terrain juridique complexe.
La recommandation concrète : travaillez avec votre expert-comptable pour qualifier précisément la nature de la relation contractuelle avec TARAM au regard du CII. Le contrat doit refléter la réalité opérationnelle. Si le collaborateur dédié travaille exclusivement sur votre prototype innovant, documentez-le comme tel. L'externalisation de fonctions clés pour réduire vos coûts ne doit pas se faire au détriment de votre éligibilité fiscale.
3.2 : Madagascar et Maurice, deux juridictions, deux traitements
TARAM opère la production depuis Madagascar et la direction depuis Maurice. Ce ne sont pas les mêmes juridictions fiscales, et elles n'ont pas le même statut vis-à-vis de la France.
Maurice dispose d'une convention fiscale bilatérale avec la France (convention de 1980, modifiée). Madagascar aussi (convention de 1983). Les deux conventions traitent de la non-double imposition, mais aucune ne crée d'exception spécifique pour le CII.
Ce qui compte pour votre CII, ce n'est pas la convention fiscale. C'est la localisation des travaux d'innovation. Si les travaux de conception du prototype sont réalisés à Madagascar par un collaborateur dédié, c'est du hors EEE. La sous-traitance hors EEE est soumise aux restrictions évoquées plus haut.
En revanche, le fait que la direction de TARAM soit basée à Maurice, juridiction avec un cadre légal robuste et une tradition business anglophone, renforce la solidité contractuelle du montage. Le comparatif entre Maurice et Madagascar détaille les spécificités de chaque localisation.
Le point clé : ne confondez jamais le siège de direction de votre prestataire avec le lieu d'exécution des travaux. L'administration fiscale regarde où le travail est fait, pas où la facture est émise.
3.3 : Le scénario optimisé que votre DAF doit modéliser
Voici un cas concret. Une PME française de 35 salariés développe un produit SaaS B2B avec une fonctionnalité nouvelle (au sens du CII). Elle a un CTO en France et deux développeurs dédiés via TARAM à Madagascar.
Les dépenses éligibles CII côté interne : salaire CTO (prorata temps passé sur le prototype), frais de fonctionnement forfaitaires (75 % du salaire éligible), amortissements des équipements dédiés. Total interne : 120 000 €.
Côté TARAM : factures annuelles pour deux collaborateurs dédiés, 72 000 €. Si ces dépenses sont qualifiées de sous-traitance hors EEE et que le montage documentaire tient, elles entrent dans l'assiette au montant réel (pas de doublement). Total assiette : 192 000 €. CII à 20 % : 38 400 €.
Comparez avec un scénario 100 % France : deux développeurs à 55 000 € brut chargé chacun, soit 110 000 €. Assiette interne avec frais de fonctionnement : environ 300 000 €. CII : 60 000 €. Mais la masse salariale est 53 % plus élevée.
Le CII est plus élevé en France, mais le coût net final est plus bas avec l'offshore. Votre DAF doit modéliser les deux scénarios en intégrant le CII comme variable, pas comme argument principal. Pour le prix d'un salarié français, TARAM déploie 3 collaborateurs dédiés. Le CII ne compense pas cet écart, il l'accompagne.
Le CII n'est pas un argument pour ou contre l'offshore. C'est un paramètre à intégrer.
Beaucoup de PME renoncent à l'externalisation offshore parce qu'elles pensent perdre leur CII. D'autres externalisent sans vérifier et se retrouvent en redressement. Les deux approches sont coûteuses.
La réalité fiscale est nuancée. Vos dépenses internes restent éligibles. La sous-traitance offshore peut entrer dans l'assiette sous conditions strictes. Le modèle TARAM, avec des collaborateurs dédiés et une documentation traçable, offre un cadre plus propre qu'une agence mutualisée.
Mais chaque jour où vous n'avez pas modélisé l'impact du CII sur votre projet d'innovation externalisé, vous prenez une décision budgétaire avec un angle mort. Soit vous surpayez en France en croyant optimiser le CII. Soit vous sous-déclarez à l'offshore en laissant du crédit d'impôt sur la table.
Faites le calcul. Avec les vrais chiffres. Maintenant.







